À propos de cette revue
CHANTIERS est une revue scientifique semestrielle de l'Université d'État d'Haïti (UEH), coordonnée par la Faculté d'Ethnologie (FE) et la Faculté des Sciences Humaines (FASCH). Elle publie des articles, essais et recensions dans les domaines des sciences humaines et sociales, tout en favorisant la réflexion scientifique sur les réalités haïtiennes, caribéennes et internationales.
Numéro courant
Ce numéro de Chantiers – Revue des sciences humaines et sociales de l’UEH est consacré à la problématique de la reconnaissance, envisagée à partir de ses dimensions philosophiques, sociales, politiques, anthropologiques et historiques. En s’inscrivant notamment dans l’actualisation de la « dialectique du maître et de l’esclave » de Hegel, le numéro interroge les conditions de la réalisation de soi, de la dignité humaine et du vivre-ensemble, tout en prenant en compte les différentes formes de pathologies sociales, de mépris, de vulnérabilité et de domination.
Les contributions examinent la reconnaissance sous plusieurs angles : participation à la vie collective, redistribution et justice sociale, lutte contre le mépris social, expériences intersubjectives de vulnérabilité, reconnaissance de la différence et des cultures minoritaires, ainsi que construction des identités. Elles mobilisent notamment les réflexions de Nancy Fraser, Axel Honneth, Emmanuel Renault, Guillaume Le Blanc, Will Kymlicka et Jürgen Habermas.
Une place importante est accordée au contexte haïtien. Les articles analysent les rapports entre reconnaissance et héritage colonial, les ambiguïtés des luttes identitaires, les mécanismes d’occultation et de reproduction de la domination, ainsi que les tensions entre mouvements populaires et partis politiques. La réflexion s’étend également aux politiques de mémoire et de patrimonialisation, ainsi qu’aux expériences vécues après le séisme du 12 janvier, où la reconnaissance de la souffrance et de la dignité des victimes devient une condition essentielle de l’accompagnement et du dialogue.
À travers ces différentes contributions, ce numéro montre que la reconnaissance ne constitue pas uniquement un mécanisme de réparation ou d’intégration. Elle permet également de comprendre les rapports de pouvoir, les conflits de légitimation, les formes d’altérisation et les stratégies d’appropriation ou d’occultation qui traversent les sociétés. Le numéro invite ainsi à penser la reconnaissance comme un enjeu central de la dignité humaine, de la justice sociale, de l’identité, du dialogue et de la construction d’un vivre-ensemble véritablement inclusif.
Chantiers