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  • Sur la piste des savoirs locaux
    Vol. 1 No 2 (2015)

    Ce numéro de Chantiers — Revue des sciences humaines & sociales de l’Université d’État d’Haïti est consacré aux savoirs locaux en Haïti et à leurs dimensions sociales, culturelles, économiques, juridiques, éthiques et anthropologiques. Issu des tables rondes organisées en mars 2013 par le Rectorat de l’UEH, en partenariat avec le Bureau Caraïbes de l’AUF, il propose une réflexion plurielle sur les rapports entre savoirs traditionnels et savoirs formels, tradition et modernité. À travers cinq rubriques — médecine traditionnelle ; mort et rêve ; jeu, récréation et tradition ; économie informelle ; droit et éthique — les contributions interrogent les pratiques, les représentations, la transmission, la protection et la valorisation des connaissances locales. Le numéro met ainsi en lumière la richesse des savoirs haïtiens tout en soulignant les enjeux de leur reconnaissance, de leur préservation et de leur articulation avec les cadres institutionnels et scientifiques contemporains.

  • Varia
    Vol. 2 No 2 (2021)

    Ce numéro varia rassemble, dans l’ordre de pagination, des 
    contributions de Jhon Picard Byron, Jean-Claude Noël, 
    James Boyard, Lukinson Jean, Woodkend Eugène, Blair Chéry. 
    Dans « Jean Price-Mars : enjeux et défis du développement 
    d’une pensée anthropologique en Haïti », Byron met en exergue 
    l’apport de penseurs haïtiens du XIXe siècle à l’anthropologie 
    avant même celui du fondateur de l’Institut d’ethnologie d’Haïti, 
    en l’occurrence Jean Price-Mars ; il note que ces apports n’ont pas 
    été pris en compte par les promoteurs de l’anthropologie critique. 
    Il souligne également que le duvaliérisme a tendu à faire un usage 
    politique de l’apport de Price-Mars à la discipline. C’est toute l’his
    toire de l’ethnologie en Haïti que Byron s’efforce ainsi de replacer 
    sur le métier à (re)tisser en maniant de manière impliquée les fils 
    politiques, institutionnels et autobiographiques.
    Dans « L’autre comme prétexte dans le genre viatique : un cas 
    dans Aline et Valcour de Sade », Jean-Claude Noël braque volon
    tiers le projecteur sur la dialectique de l’ici et de l’ailleurs à travers 
    l’analyse partielle d’un titre bien connu de l’œuvre monumentale 
    du mythique Marquis de Sade. Il exploite précisément l’étrange 
    paradoxe du regard éloigné qui, faute de savoir véritablement 
    se déprendre dans la rencontre avec l’autre, fait du lointain une 
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    Chantiers/ Revue des sciences humaines & sociales de l'UEH
    version édulcorée du proche. Sans la formuler explicitement, cette 
    contribution pose la question de la fonction même du discours 
    anthropologique en tant que discours sur l’autre : en l’occurrence, 
    est-ce qu’il ne s’agit pas d’un vecteur de domination, sinon une 
    sorte de creuset au brassage unidimensionnel impeccablement à 
    l’œuvre dans la globalisation. Dans la redistribution de l’espace 
    politique et épistémologique suggérée par Noël, se lit en filigrane 
    la question de la résistance et de l’impérieuse nécessité d’une 
    libération du savoir local.
    Comment se prémunir du repliement épistémologique, 
    depuis le lieu même d’un plaidoyer implicite en faveur de la 
    production locale ? Précisement ce tour de force que nous devons 
    à James Boyard dans « Le rôle du système de production de la 
    connaissance dans la construction d’une civilisation hégémo
    nique », invite le lecteur à une exploration du modèle américain 
    de production de savoir. La démonstration éclaire le double dispo
    sitif, rhétorique et organisationnel, qui sert d’assise à l’hégémonie 
    scientifique américaine. L’accent mis sur la notion d’hégémonie 
    pointe moins quelque chose à subir ou à imiter de notre coté qu’à 
    déjouer de préférence sur l’échiquier mondial des lieux de savoir. 
    L'article de Lukinson Jean, « Les paradoxes de la COVID-19 en 
    Haïti. Contributions à une socio-psychologie de la perception de 
    l’épidémie », interroge le discours du sens commun à travers un 
    dispositif mobilisant un questionnaire, des échanges informels 
    et d’autres sources. La réflexion se construit dans une démarche 
    ancrée invitant spécifiquement au recentrage dans le contexte 
    d’une épidémie mondiale. À ce carrefour, un important défi se 
    signale dans la perspective d’un essaimage efficient, au sein de 
    la population locale, des attitudes et des représentations propres 
    à renforcer les bons gestes, schémas de pensée et attitudes face 
    au péril sanitaire. L’approche déployée entend trancher avec le 
    discours dominant, à prétention universalisante qui traverse les 
    médias comme la pratique médicale.
    Le numéro se ferme, en deux contributions très proches, sur 
    un dossier politico-juridique. Dans sa contribution « Autour de la 
    validité juridique des décrets présidentiels publiés en Haïti depuis 
    Éditorial 
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    la proclamation de la Constitution de 1987 », Woodkend Eugène 
    questionne le légalisme paradoxalement peu soucieux de légalité 
    qui se cache derrière la manie des décrets que le pouvoir exécutif 
    expérimente depuis la vacance de l’assemblée nationale rendue 
    caduque en janvier 2020. L'auteur assimile la promulgation de 
    ces décrèts à autant de violations de la Constitution. Comme 
    par un juste retour de balancier, Blair Chéry, dans « Le mandat 
    présidentiel au crible de la Constitution de 1987 », prend à son 
    propre jeu le Président de la République (qui avait dissout de force 
    le Parlement), en attirant l’attention sur l’échéance de son propre 
    mandat au 7 février 2021. Les deux articles relancent et recadrent 
    à la fois un débat pas toujours académique correctement éclairé. 
    Il s’agit en définitive du procès d’une gestion politique pour le 
    moins catastrophique.
    Nous étions à la veille de mettre sous presse quand de nou
    veaux membres ont rejoint le Comité de rédaction. En consé
    quence la responsabilité de cet éditorial incombe aux signataires.

     

  • Reconnaissance et Politique
    Vol. 1 No 1 (2014)

    Ce numéro de Chantiers – Revue des sciences humaines et sociales de l’UEH est consacré à la problématique de la reconnaissance, envisagée à partir de ses dimensions philosophiques, sociales, politiques, anthropologiques et historiques. En s’inscrivant notamment dans l’actualisation de la « dialectique du maître et de l’esclave » de Hegel, le numéro interroge les conditions de la réalisation de soi, de la dignité humaine et du vivre-ensemble, tout en prenant en compte les différentes formes de pathologies sociales, de mépris, de vulnérabilité et de domination.

    Les contributions examinent la reconnaissance sous plusieurs angles : participation à la vie collective, redistribution et justice sociale, lutte contre le mépris social, expériences intersubjectives de vulnérabilité, reconnaissance de la différence et des cultures minoritaires, ainsi que construction des identités. Elles mobilisent notamment les réflexions de Nancy Fraser, Axel Honneth, Emmanuel Renault, Guillaume Le Blanc, Will Kymlicka et Jürgen Habermas.

    Une place importante est accordée au contexte haïtien. Les articles analysent les rapports entre reconnaissance et héritage colonial, les ambiguïtés des luttes identitaires, les mécanismes d’occultation et de reproduction de la domination, ainsi que les tensions entre mouvements populaires et partis politiques. La réflexion s’étend également aux politiques de mémoire et de patrimonialisation, ainsi qu’aux expériences vécues après le séisme du 12 janvier, où la reconnaissance de la souffrance et de la dignité des victimes devient une condition essentielle de l’accompagnement et du dialogue.

    À travers ces différentes contributions, ce numéro montre que la reconnaissance ne constitue pas uniquement un mécanisme de réparation ou d’intégration. Elle permet également de comprendre les rapports de pouvoir, les conflits de légitimation, les formes d’altérisation et les stratégies d’appropriation ou d’occultation qui traversent les sociétés. Le numéro invite ainsi à penser la reconnaissance comme un enjeu central de la dignité humaine, de la justice sociale, de l’identité, du dialogue et de la construction d’un vivre-ensemble véritablement inclusif.

  • ONG en Haïti
    Vol. 1 No 3 (2018)

    D’une manière générale, dans les moments de crise plus 
    spécifiquement, les ONG jouent un rôle important dans les 
    pays « en voie de développement ». Qu’en est-il en Haïti, en par
    ticulier, depuis le séisme du 12 janvier 2010 ? Cette date marque 
    un tournant décisif dans l’implantation des ONG dans le pays au 
    point qu’Haïti est rebaptisé désormais la république des ONG. En 
    effet, les faiblesses institutionnelles rendent plus puissantes les 
    ONG. Certains pensent qu’elles finiront par contrôler tout le pays. 
    Avec la catastrophe de 2010, l’intervention anarchique des 
    ONG a fini par convaincre les plus avisés de la nécessité de 
    mieux comprendre ces institutions privées, de mieux coordonner 
    leurs actions, et même de les mettre sous coupe réglée. Le 
    cadre juridique de 1989 parle d’ONG de développement tandis 
    que la majorité des ONG en Haïti fonctionnent sous le label 
    d’aide humanitaire. Ce décalage soulève un certain nombre 
    d’interrogations et montre la nécessité de repenser le cadre légal 
    dans lequel évoluent ces organisations en Haïti. Ce cadre était 
    d’ailleurs l’un des enjeux du premier forum national sur les ONG 
    organisé en octobre 2013 par l’Unité de coordination des activités 
    des ONG (UCAONG).
    Quels pourraient être les repères théoriques, conceptuels et 
    idéologiques pour mieux appréhender la situation actuelle ? Les 
    modèles à l’honneur restent-ils pertinents ? Au prix de quelles 
    transformations théoriques parviendra-t-on à mieux saisir la 
    réalité actuelle ? Quels nouveaux paradigmes faudra-t-il élaborer 
    précisément ? Il y a lieu entre temps d’observer que, huit années 
    après l’une des plus graves catastrophes qu’ait connu Haïti, 
    catastrophe ayant engendrée un effort humanitaire sans précédent, 
    nous constatons aujourd’hui un reflux de cette invasion. Les ONG 
    commencent en effet à connaître en Haïti un déclin proche de ce 
    qu’on peut observer à travers l’histoire récente d’autres PMA.
    Ce numéro de Chantiers adresse tous ces points et plus, avec 
    des interventions historique, sociologique, anthropologique, 
    philosophique, des témoignages et critique-dialectiques. Les 
    auteurs qui ont contribué à ce numéro représentent des secteurs 
    universitaire, militant, mouvements sociaux, et des ONG