L’égalité dans Le miroir de l’autre : Les enjeux de l’écriture de l’histoire en Haïti
DOI :
https://doi.org/10.65146/chantiers.v1.i1Résumé
En 2010 Edelyn Dorismond a soutenu une excellente thèse de
doctorat de philosophie au titre évocateur. Son inscription
dans l’expérience esclavagiste lui a permis de faire émerger les
problèmes que pose la théorie de la reconnaissance2 une fois
confrontée à l’expérience du sujet traumatisé et marqué par la
logique du pouvoir colonial. Ce qui rend cette question spéci
fique et singulière, c’est bel et bien l’expérience traumatisante de
l’esclavage, singularité et spécificité que la phénoménologie, lieu
à partir duquel il parle, doit penser. Si « La phénoménologie des
sociétés esclaves ou coloniales se donne pour objectif d’élaborer
[le] lieu ‘‘commun’’ où le maître et l’esclave vont se rencontrer
afin de négocier leur opposition dans la violence, dans la paix
ou dans la peur3 », si elle questionne « l’insistance du colonial
pour pouvoir en finir avec le colonial4 », nous pensons que ce
lieu de rencontre est impossible à penser en terre esclavagiste5.
Car il suppose la déconstruction de la figure du maître ainsi que celle de l’esclave et du mécanisme qui les fabrique6. Il n’y a pas
de rencontre possible entre un maître et un « esclave »7 même si
certains faits historiques pourraient montrer le contraire. C’est
là que se joue l’auto-émancipation véritable.
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