De la reconnaissance et le passage obligé à une philosophie du « soI »
DOI :
https://doi.org/10.65146/chantiers.v1.i1Mots-clés :
Reconnaissance ; participation ; justice sociale ; redistribution ; réalisation de soi ; identité ; différence ; minorités ; discrimination ; autonomie ; émancipation ; rapports de pouvoir.Résumé
La pensée d’Axel Honneth nous offre un point de départ sti
mulant pour à la fois penser les conditions de la résistance
aux dérives réifiantes des sociétés, en particulier la révolte des
esclaves, et la capacité à fonder à partir de la lutte elle-même
une normativité1 qu’il résume dans le concept de reconnaissance,
ou plus précisément, de lutte pour la reconnaissance. Partant de
ce qui représente dans les sociétés les malaises auxquels sont
assujettis les sujets, Honneth nous conduit à une méthode, proche
de ce qui se pratique dans les sciences médicales : la société doit
être diagnostiquée, ensuite repérer ce qui peut etre considéré
comme causes des pathologies sociales. Le diagnostic des patho
logies sociales conduit à une pensée de la normalité. En cela, la
pensée de la reconnaissance honnethienne doit être entendue
comme une thérapie des maladies dont souffrent les sociétés à
capitalisme avancé qui a pris son point de départ dans l’escla
vage caribéen. Etant donné que la société ne peut être entendue
entièrement dans le sens d’un tout homogène, nous dirions que
la théorie de la lutte pour la reconnaissance se veut un geste
qui consiste à suggérer le mode de normalité qui se dégage des
pathologies mêmes de la société. En d’autres termes, la réalisation
de soi, étant posée comme le projet fondamental de l’homme
dans l’existence, représente ce que toutes organisations sociales
et politiques doivent garantir aux citoyens.
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